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Sécurité civile du XXIᵉ siècle : le temps des « rustines » » doit être terminé

  • Photo du rédacteur: Didier Lemaire
    Didier Lemaire
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Face à la multiplication des événements climatiques extrêmes, nos sapeurs-pompiers et l’ensemble de nos forces de secours font preuve d’un courage exceptionnel. Mais sur le terrain, le constat est sans appel : notre modèle de sécurité civile arrive au bout de ses capacités. Nous ne pouvons plus répondre aux défis d'aujourd'hui avec une organisation pensée il y a plus de vingt ans.


En tant que député, co-président du groupe d’études Sapeurs-pompiers, sécurité civile et gestion des crises et président de l’AFPCNT, je porte ce combat auprès des ministres et Premiers ministres successifs. Retrouvez ci-dessous mes trois interventions clés en plateau TV, qui résument le diagnostic et, surtout, mes propositions pour bâtir une sécurité civile moderne.



Diffuser une vraie culture du risque et rendre le citoyen acteur


La sécurité civile ne peut plus reposer uniquement sur la gestion des crises une fois qu'elles se déclenchent. Face à des risques plus fréquents et plus intenses, la première des protections reste l'anticipation et l'engagement citoyen.


Dès 2023, la mission d'information dont j'étais le rapporteur formulait 64 recommandations pour moderniser notre organisation. Sur le terrain, cela passe par des outils très concrets :


  • Les Réserves Communales de Sécurité Civile (RCSC) : un levier formidable pour permettre aux citoyens d'épauler leur maire. Pourtant, seules 850 communes sur 35 000 en étaient dotées en 2023. Ma proposition de loi visant à les renforcer a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale ; elle doit désormais être inscrite d'urgence à l'ordre du jour du Sénat.


  • La prévention : c'est tout le sens des initiatives portées par l'AFPCNT, à l'image du programme « Ansanm Nou Lé Paré » déployé à La Réunion. Préparer nos concitoyens n'est pas une option, c'est un investissement vital.



Un système sous pression face au cumul des crises


Pendant que les mégafeux mobilisent des milliers de sapeurs-pompiers tout au long de l'été, les urgences du quotidien — accidents de la route, arrêts cardiaques, secours à la personne — ne s'arrêtent pas. Ce cumul des tensions met notre système à bout de souffle.


Pourquoi la situation est-elle devenue critique ?

  1. Un cadre obsolète : notre texte de référence (la loi MOSC) date de 2004. En deux décennies, le changement climatique a radicalement muté la nature et l'intensité des risques.

  2. Une gouvernance éparpillée : entre l'Intérieur, la Santé, les Armées et la Transition écologique, les responsabilités sont morcelées, au détriment d'une stratégie claire et coordonnée.

  3. Une attente de terrain non comblée : après les espoirs suscités par le Beauvau de la sécurité civile, nos secours attendent toujours des réformes de fond plutôt que des ajustements à la marge.



Mes 3 propositions pour une sécurité civile armée pour le XXIᵉ siècle


Face au constat, il faut passer à l'action. J'ai récemment écrit au Premier Ministre et au Ministre de l'Intérieur pour leur proposer une mesure forte pour moderniser notre sécurité civile :


1. Innover avec des essaims de drones-pompiers

Pour stopper un départ de feu dans les premières minutes, l'innovation est indispensable. Un essaim de six drones peut larguer jusqu'à 6 000 litres d'eau (soit l'équivalent d'un Canadair), avec l'avantage de pouvoir voler de nuit, d'être dix fois moins coûteuse et d'agir avec une précision chirurgicale en complément des moyens aériens existants.


En parallèle je porte également deux mesures concrètes et structurantes pour moderniser nos moyens technologiques, industriels et politiques :


2. Créer une Base Industrielle et Technologique de la Sécurité Civile

Sur le modèle de ce qui existe pour notre Défense nationale (BITD), nous devons garantir notre souveraineté industrielle. Produire en France les équipements stratégiques de nos secours est une nécessité absolue pour ne plus dépendre des chaînes d'approvisionnement étrangères en pleine crise.


3. Créer un Ministère de la Sécurité civile et de la Protection des populations

La gestion des risques ne peut plus être reléguée au rang de simple direction administrative. À l'image de ce que font plusieurs de nos voisins européens comme le Portugal, nous devons hisser le pilotage de la sécurité civile au plus haut niveau de l'État.


Passer des discours aux actes


La modernisation notre sécurité civile doit dépasser tous les clivages politiques : c'est une exigence nationale pour protéger les Français et donner à nos sapeurs-pompiers et nos associations agréées de sécurité civile les moyens d'exercer leurs missions en sécurité.


J'attends désormais les propositions du Gouvernement, que j'examinerai avec la rigueur du terrain et l'esprit constructif qui anime mon engagement depuis le premier jour.


Je continuerai à porter mes propositions auprès du Gouvernement, comme je le fais depuis plusieurs années.

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