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Maîtriser la guerre électronique pour garantir notre défense nationale

  • Photo du rédacteur: Didier Lemaire
    Didier Lemaire
  • il y a 8 heures
  • 3 min de lecture

Ce 18 février 2026, j'ai présenté devant la commission de la Défense nationale et des Forces armées, les conclusions de la mission d'information sur la Guerre Électronique (GE), que j'ai co-rapportée avec le député Thierry Tesson.



Après des mois de travail, d'auditions d'experts et de déplacements sur le terrain, le constat est sans appel : la guerre des ondes n'est plus de la science-fiction. Elle se joue désormais au-dessus de nos têtes et la maîtrise du spectre électromagnétique n'est plus une option, mais la condition sine qua non de notre survie stratégique.


Présentation du rapport « guerre électronique » en commission de la Défense nationale et des Forces armées



Le réveil des vulnérabilités : du sol national aux fronts étrangers


Le rapport approuvé à l’unanimité par la commission de Défense et des forces armées de l’Assemblée nationale acte une réalité brutale : la menace est à nos portes. Depuis l'automne 2025, des sites militaires et industriels aussi sensibles que la base des SNLE de l’Île Longue ou les usines d'Eurenco ont subi des survols non autorisés. Le fait que des drones invisibles puissent s'approcher aussi facilement de nos bases les plus secrètes montre que notre organisation militaire actuelle n'est plus adaptée aux menaces d'aujourd'hui.


L'observation des conflits actuels nous a apporté des enseignements tactiques majeurs :


  • L’innovation de rupture en Ukraine avec l'arrivée de drones reliés à leur pilote par une fibre optique (un fil très fin déroulé en vol. Ils sont impossibles à brouiller par les ondes radio classiques.

    Le risque ? Cela oblige nos armées à trouver de nouvelles parades physiques (laser, interception) car les brouilleurs traditionnels ne fonctionnent plus sur ces engins.


  • L’exemple israélien : les conflits de la fin d'année 2025 l'ont prouvé, pour réussir une mission militaire d'importance, la toute première étape est de rendre l'adversaire "aveugle" en neutralisant ses radars. Sans cette maîtrise du signal, aucune frappe d'envergure n'est possible.


Souveraineté industrielle : briser les dépendances


Pour protéger la France, nous devons garantir une autonomie totale de notre Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD). Il est inacceptable que l'entretien de certains de nos matériels, comme le C-130J, dépende de bibliothèques de guerre électronique sous contrôle étranger ou impose des purges de données sensibles avant toute réparation à l'extérieur.


Notre rapport appelle à :


  1. Une souveraineté 100% française pour les composants de la dissuasion et du Rafale.


  2. Relancer l'ambition spatiale : après les remises en cause du programme CELESTE en 2024, l'ouverture à de nouveaux acteurs comme Unseenlabs en 2025 est une étape clé pour nos capacités ROEM (Renseignement d'Origine Électromagnétique).


  3. Investir dans l'IA : c'est le moteur de la « guerre électronique cognitive » de demain, capable de s'adapter en temps réel aux formes d'ondes ennemies.


La bataille des compétences : l'humain au cœur du système


Le matériel ne vaut rien sans les experts pour le servir. Or, la formation d'un spécialiste en guerre électronique (GE) est un véritable marathon : il faut six ans pour former un contrôleur de bibliothèque GE sur Rafale.


Pour pallier ce « tunnel de formation », nous préconisons de mieux reconnaître la spécificité de ces sous-officiers hyper-formés et d'allonger la durée de leurs contrats pour conserver cette expertise rare au sein de nos forces. Parallèlement, le COMCYBER doit désormais s'imposer comme le chef d'orchestre unique de cette stratégie transverse.


Avec le député Thierry Tesson nous appelons le Gouvernement à accélérer la cadence pour se mettre au niveau des meilleurs afin de garantir une protection efficace de notre pays.


La guerre électronique est la face invisible des conflits d'aujourd'hui et de demain. En validant ce rapport, la commission de la Défense nationale et des Forces armées envoie un signal fort : la France est prête à engager ce sursaut pour garantir la résilience de son modèle de Défense.



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